Meandering down my path...
Précisons...

It's off to a start!

SF_GG

It's the beginning. Here marks the beginning of my next 12 months...

 

La langue peut être abordée sous deux grands éclairages – soit, on peut la considérer de l’extérieur comme l’analyste qui veut découvrir le secret de son maniement et de sa « physiologie »; soit, on l’aborde de l’intérieur comme le fait l’écrivain, et de manière plus concise, le poète. Il s’agit de deux mondes à part, qui ne se touchent que très rarement. 

Une discipline qui a pour but de faire interagir la langue sous ces deux perspectives simultanément est la traduction littéraire. Le linguiste et l’écrivain se rencontrent en une personne. L’équilibre entre les deux est particulier – une démarche un peu trop « linguiste » dans la traduction fait perdre la créativité et souvent le lecteur, mais un peu trop de créativité dans l’approche fait basculer le tout en une adaptation et fait perdre la trace de l’auteur(e) original(e). En somme, il faut faire des choix lucides à chaque mot, à chaque phrase, pour chaque voix du début jusqu’à la fin du texte, voir même après.

Pour moi, tout a commencé avec la langue et une curiosité sans bornes pour son fonctionnement tant dans notre cerveau que dans notre manière de la concevoir en temps qu’être humain. Mais cette quête de la linguistique prendra fin. Elle se verra entraver par la réalité du quotidien qui viendra rapidement faire comprendre que l’université appartient à un autre monde.

Dix ans plus tard, c’est par la poésie que la langue me rappelle à elle. Je n’ai plus la « petite gêne » de ma jeunesse qui me nargue de choisir un métier, j’ai la maturité de mes convictions qui me dirigent vers ce qui, je soupçonne, a toujours été sous-jacent dans mes choix.

Durant les séminaires de ma scolarité de maîtrise en traductologie, j’ai exploré plusieurs avenues de recherche. C’est lors de l’exploration d’une de ces avenues que j’ai fait la connaissance des écrits du poète montréalais Abraham Moses Klein. Cette rencontre s’est produite par l’entremise des poèmes de sa collection The Rocking Chair and Other Poems. J’en suis restée étonnée par leur franchise et leur évidente intention de communiquer avec ce que nous, en traductologie, aimons désigner comme l’Autre. Cet Autre n’est que celui qui n’est pas Nous.

À partir de ce point de vue s’amorce toute la notion d’identité propre par rapport à l’entourage, la culture, la langue, le peuple, la nation (pour n’en nommer que cinq). Cette identité se définit au regard de l’Autre. Personne ne vie en vase clos, sinon il n’y aurait aucune raison de définir son identité.

Dans le cas de Klein et de ses écrits, cette analyse identitaire a été très bien faite d’un point de vue intellectuel et académique. Plusieurs recherches (voir même la majorité) ont explicité son identité de poète/écrivain/journaliste juif, anglophone, moderniste et montréalais à l’intérieur du contexte de son époque, de sa culture et des cultures avoisinantes.

Ce qui est plus rare est de saisir cette identité, clairement illustrée non seulement dans ses poèmes, mais également dans sa prose et ses autres écrits, et de la faire passer par la traduction vers le français du Québec, dans la langue de l’Autre. Cela a été entrepris par trois personnes et ne touche que très peu de ses écrits. Il a écrit tant de poèmes – sa collection complète compte plus de mille pages.

Et c’est ici que je rentre en jeu. Le mémoire que je veux remettre à la fin de ma maîtrise est la traduction d’une sélection de poèmes de Klein, accompagnée d’un appareil critique.  

Cet appareil critique approfondira le regard sur la communication avec le Québécois (l’Autre) que Klein a toujours cherché à établir durant une grande partie de sa vie dans ses écrits.

La traduction elle-même sera la mise à l’épreuve de la capacité d’emmener l’identité de Klein vers la langue de l’Autre. Je ne traduirais pas pour rendre la poésie de Klein en un objet anthropologique et informatif aux yeux d’une société savante, mais pour emporter Klein lui-même vers la langue de l’Autre, un changement de perspective en quelque sorte qui incorpore mutuellement les trois cultures qui l’entourent : la culture québécoise, la culture anglo-québécoise et la culture juive.

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